dimanche 5 juin 2011

Je suis optimiste mais, pour limiter les risques, je me soigne



Tout va bien se passer...mais pourquoi ne pas vérifier
quant même que les câbles ont été inspectés et leur intégrité vérifiée?
  Le début de ce billet, faisant référence à un article de Time Magazine sur la science de l'optimisme, est extrait du billet De l'optimisme et de la vitesse au volant  de mon blog dédié à "la recherche d'un monde plus harmonieux" Ce monde où nous vivons. La suite du billet traite bien sûr d'organisation et de management et est consacré - encore? , mais c'est le coeur d'une gestion efficace - à la maîtrise des risques et à la Loi de Murphy.

Dans le dernier numéro de Time, l'article principal est dédié à "La science de l'optimisme". En résumé, des études scientifiques couplées avec des mesures de l'activité du cerveau, montrent clairement que l'homme, son cerveau et ses croyances sont orientés vers l'optimisme plutôt que vers une appréciation purement objective des situations. L'avenir est toujours jugé devoir être plus rose qu'il ne sera en moyenne dans la réalité.

Une explication serait que l'homme s'est bâti au cours de son évolution la capacité de se projeter en avant, d'imaginer ce que pourrait être le futur...C'est entre autres ce qui lui a permis de survivre et d'évoluer mais aussi ce qui lui a fait prendre conscience de sa mortalité. La tendance à être optimiste serait ainsi un mécanisme de défense qu'il aurait acquis pour arriver à vivre malgré la connaissance de sa mortalité.  Les personnes atteintes de graves dépressions perdent cette capacité d'optimisme et au contraire ont tendance à envisager le futur de manière plus pessimiste qu'il ne sera en réalité, en moyenne. Les seules personnes qui n'ont de biais ni vers l'optimisme, ni vers le pessimisme sont celles qui sont atteintes de dépression légère.  Où est la poule ? Où est l'oeuf ? Est ce parce que des personnes ont perdu cette tendance vers l'optimisme qu'elles entrent en dépression ou parce que, entrant en dépression, elles ont tendance à être plus pessimistes. L'article ne le disait pas.

L'article de Time sur la Science de l'optimisme conclut:
"Once we are made aware of our optimistic illusions, we can act to protect ourselves. The good news is that awareness rarely shatters the illusion. The glass remains half full. It is possible, then, to strike a balance, to believe we will stay healthy, but get medical insurance anyway; to be certain the sun will shine, but grab an umbrella on our way out -just in case."
"Dès que nous avons conscience de notre tendance à l'optimisme, nous pouvons agir pour nous protéger. La bonne nouvelle c'est que la connaissance de ce biais ne fait pas disparaître l'illusion. Le verre reste à demi plein. Il est alors possible d'atteindre un équilibre, de continuer à penser que nous resterons en bonne santé, mais prendre quant même une assurance maladie; d'être certain que le soleil va briller, mais prendre un parapluie quand on sort - juste au cas où."

La conclusion de cet article m'a aussitôt fait penser à la gestion des risques. Ce biais vers l'optimisme doit limiter notre capacité à identifier les risques auxquels sont exposées tous nos projets en Entreprise. L'identification des risques étant inadéquate, les mesures que mettons en place pour tenter de réduire l'impact des risques seraient donc totalement ou partiellement inefficaces. J'ai déjà abordé ce point dans un billet précédent (billet de Juillet 2010) mais je pense que l'importance de ce sujet justifie une reprise. Une fois encore pour mieux identifier les risques nous nous appuierons sur la loi de Murphy.

Rappelons ce qu'est la Loi de Murphy.
Que la tartine beurrée tombe toujours du coté beurrée est une croyance largement répandu. En réalité, des expériences organisées sur 20000 "tombées" de tartine beurrées ont montré que la tartine tombe seulement dans 65% des cas du coté beurre. Ce problème de la tartine beurrée qui tombe a même été proposé une année au concours des écoles d'ingénieurs des Mines. A partir d'un modèle simplifié du toast, d'abord posé sur la table puis poussé et tombant, la modélisation mathématique du mouvement de la chute montait que la tartine tombait du coté du beurre. Cela est du au nombre "moyen" de tours que la tartine "moyenne" effectuait en tombant d'une table de hauteur "standard". Bien sûr, la tartine ne tombait sur le coté beurre que si à l'origine sur la table le coté beurre était en haut! (Mais qui voudrait poser le coté beurre directement sur la table?)
Cette loi de la tartine beurrée (aussi appelée par certains loi de l'emm...ment général) est souvent cité comme un cas particulier de la fameuse loi de Murphy "Tout ce qui peut aller mal, ira mal" et "Cela ira mal au moment où cela pourra générer le plus de dommages". Sur Internet vous pouvez trouver des centaines d'articles consacrés à la Loi de Murphy, ses corollaires et ses diverses manifestations (Cf. par exemple les deux sites en Anglais Murphy's law on Wikipedia et  All the laws of Murphy in one place)
La loi de Murphy et ses centaines de déclinaisons spécifiques dans tous les domaines sont à la base une manière de se moquer de notre perception des évènements: nous avons tendance à plus faire attention aux évènements qui ont un impact négatif sur ce que nous entreprenons plutôt que sur les nombreux évènements qui n'ont pas d'impact ou qui ont un impact positif. Mais même si à la base c'est une plaisanterie, appliquer la Loi de Murphy peut révéler très profitable dans les activités de management dont une grande part consiste à identifier et contrôler les risques. Quel meilleur moyen d'essayer d'identifier tous les risques qui peuvent impacter une activité ou une Entreprise, que de "jouer" avec la Loi de Murphy, de l'appliquer comme si elle avait une "vraie" validité. 


Utiliser la Loi de Murphy pour identifier les risques business
Identifier les risques qui peuvent impacter nos projets et nos Entreprises n'est pas une activité facile. Certains risques sont évidents et nous mettons en place des moyens de contrôle pour éviter ces risques en limitant leur impact ou leur probabilité d'occurrence. Mais évidemment, c'est le risque que nous n'avions pas anticipé et pour lequel nous n'avions donc pas en place de mesures de réduction de risque qui pourra avoir l'impact de plus dommageable sur ce que nous voulions accomplir. Et exprimé ainsi, est que cela ne ressemble pas "étrangement" à une manifestation de la Loi de Murphy? 
Identifier "tous" les risques au lancement et au cours de nos actions et projets est critique pour espérer atteindre un taux de succès raisonnable. Identifier les risques est avant tout une affaire d'expérience mais doit aussi intégrer une part de créativité et d'innovation autrement comment peut-on espérer identifier des risques qui ne sont encore jamais survenus? Cette capacité à imaginer "tous" les risques demande un effort, effort qui n'est pas facilité par notre biais pour l'optimisme, notre tendance à "voir la vie en rose" et à penser que dans nos activités tout va bien se passer, que les ennuis arrivent surtout aux autres,...

Alors comment utiliser la Loi de Murphy pour tenter de mieux identifier les risques qui menacent nos activités et nos projets? Voici ce que mon expérience m'a suggéré
  • Dans tout ce que nous entreprenons, nous devons agir comme si la Loi de Murphy s'appliquait: identifier tout ce qui peut mal se passer et quand cela serait le plus dommageable
  • Vous devriez constater que si vous appliquez "sérieusement" la loi de Murphy, votre capacité à imaginer les risques sera renforcée...Après tout, appliquer la Loi de Murphy ...c'est comme une plaisanterie...et l'humour est connu pour créer un environnement favorable à l'innovation et la créativité et vous aidera à identifier les risques les plus improbables et les plus "ridicules", justement ceux qui risquent d'être le plus dommageable si ils surviennent et n'avaient pas été anticipés.  
  • Une fois identifiés "tous" les risques, il sera toujours temps de reprendre contact avec la "réalité" et de ne traiter que les risques qui vous paraissent les plus critiques si vous décidez de ne pas les traiter tous.  Traiter consistera soit à mettre en oeuvre des moyens préventifs pour limiter l'impact ou la probabilité d'occurrence et essayer d'éviter la matérialisation du risque, soit à préparer des plans d'urgence pour limiter les conséquences négatives si le risque se matérialise....mais ceci est un autre sujet dont je vous parlerai dans un prochain billet.
Ce sera tout pour aujourd'hui. Vous pouvez retourner à vos activités habituelles. Ciao, Bonsoir.

P.S.1: Avez vous noté que j'ai tort quand j'ai écrit que la Loi de Murphy permet d'identifier "tous" les risques. Bien évidemment, la Loi de Murphy nous apprend que nous ne sommes pas capables d'identifier tous les risques et que ce sont justement ces risques non identifiés qui se matérialiseront et créeront le plus de dommages. D'après mon expérience, quand on fait une analyse de risques, on en oublie toujours - et parfois des risques qui après coup semblent si évidents que on se demande comment on a pu les oublier!. Malgré cela, identifier et mettre des moyens de contrôle pour "beaucoup" de risques est notre meilleur moyen pour réussir ce que nous entreprenons...et se servir de la Loi de Murphy pour le faire nous facilite la tâche.


1 commentaire:

  1. La loi de Murphy, je le vit aussi souvent que cela m'amuse, tant de constater l'ironie du sort, comme d'un acharnement à vouloir nous voir craquer à un moment ou à un autre ! Y'en a marre de flirter avec les contretemps et les mésaventures quand on à rien fait pour....Les bâtons dans les roues ça va un peu mais trop répétitif, ça devient suspicieux, à la limite de l'ensorcellement ou bien ? non, c'est notre fragilité qui provoque la tendance des ondes négatives, sur notre champs de perception. quand on est apte à deviner et comprendre, cela est très perturbant pour que se déroule les instants, dans leurs normalités. Il y a un cycle, un timing, un tempo à la seconde, qu'il faut ajuster avec nos angoisses et nos impatiences, à nous d'interférer sur les ressentiments négatifs, qui s'insinuent dans les projets et nos visions...

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