mercredi 10 juin 2015

Aller voir un match de football en jet privé : d'autres réflexions sur les notions d'éthique et de gouvernance



Suis-je vraiment arrivé ici pour un motif professionnel  ?
Peut-on penser que venir ici a été décidé d'abord pour mon plaisir ?
Cela peut-il être interprété comme un manquement à l'éthique ?
L'actualité me rattrape ! Dans un billet précédent, Article précédent, j'évoquais les notions d'éthique et de gouvernance et je citais - en post scriptum - un cas qui m'était arrivé où j'avais refusé l'invitation d'un fournisseur pour aller voir un équipement installé au Canada dans la région du homard !. J'avais estimé à l'époque que, bien que ce soit un déplacement professionnel, on aurait pu penser que j'y étais allé pour mon plaisir et donc que j'avais profité de mon poste pour bénéficier d'un avantage personnel.

Je pense que notre premier ministre, Manuel Valls, aurait bien fait d'adopter la même attitude et n'aurait pas du prendre un jet privé à la finale Barca / Juventus à Berlin et, parait-il, aller discuter avec M.Platini de L'Euro 2016. Il n'aurait pas du y aller...car on peut penser qu'il y est allé pour son plaisir personnel....Et ce d'autant plus que la discussion avec M.Platini n'était pas enregistré sur son agenda officiel, qu'il avait deux de ses enfants avec lui et que M.Platini était deux jours plus tard en France.

D'après moi, c'est un peu la même analyse que celle que j'avais faite dans le cas de Thevenoud : soit il l'a réellement fait pour des motifs professionnels sans réaliser l'interprétation qui pouvait en être faite dans l'opinion ...et cela dénote un manque de réflexion et d'anticipation difficilement compatible avec la fonction de premier ministre, soit il l'a fait pour des motifs personnels et c'est évidemment une entorse à l'éthique et à une bonne gouvernance, mais peut-être n'a-t'il pas été formé et sensibilisé ?

Voila, ce sera tout pour aujourd'hui.

P.S.1. : et dans la même lignée les députés votent eux même sur des mesures économiques qui les concernent : est ce bien raisonnable ? Pourquoi ne pas demander aux assujetis de L'ISF si il faut augmenter cet Impôt ? Ou aux fonctionnaires avec l'emploi à vie si il faut les faire passer sous un régime commun de contrat de travail? Ces deux derniers exemples paraissent absurdes mais c'est ce qui est fait en autorisant les personnes intéressées à décider et valider elles mêmes des décisions qui les concernent.

P.S.2. : Par ailleurs, je ne comprends pas pourquoi aucun de ses conseillers ne l'a dissuadé de le faire. Ont-ils besoin eux aussi d'être formés ou pensent-ils que un premier ministre, de par sa fonction, est intouchable et n'a pas à suivre les règles qui s'appliquent au commun des mortels ?

P.S.3. : et comme pour le cas de la directrice de l'INA, je ne vois pas de raison pour laquelle les frais engagés pour le premier ministre ne devraient pas validés par un responsable délégué hors de la ligne hiérarchique du premier ministre...au mieux avant d'engager les dépenses et à défaut, quand il s'agirait de régler la facture. Qu'il aurait-il d'étrange à ce que l'administration et le gouvernement suivent les règles de gouvernance généralement appliquée dans le secteur privé ? ( A part, bien entendu, "cela ne coûte rien, c'est l'état qui paye !" )




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